Objectifs et moyens

L’objectif de CellSpace est de construire une plate-forme de dimension internationale dédiée à la recherche et au développement industriel de la construction de tissus et d’organes par bio-ingénierie

 

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Bio-ingénierie et médecine régénérative

Un de ses champs d’application de la bio-ingénierie concerne les tissus et organes d’organismes vivants. La bio-ingénierie vise alors la conception de systèmes bio-artificiels d’une part et la création de tissus et d’organes fonctionnels d’autre part. Elle ouvre la voie à la médecine régénérative permettant la réparation ou le remplacement d’organes endommagés en s’affranchissant des contraintes du don d’organes et du rejet des greffes.

La bio-ingénierie est interdisciplinaire ; elle intègre les sciences de l’ingénierie et de la biologie à la médecine et à l’exercice clinique :

  • ingénierie des cellules souches,
  • développement de matrices et de scaffolds,
  • modélisation in silico,
  • micropatterning et bioprinting,
  • élaboration de bioréacteurs permettant la maturation des tissus et organes reconstruits.

Ces technologies innovantes sont très rapidement évolutives. Leur développement nécessite de réunir des chercheurs et des ingénieurs de disciplines biologiques et fondamentales (physique et chimie).

 

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CellSpace : première étape

CellSpace a d’abord réuni des médecins des hôpitaux universitaires Paris-Sud, des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Paris-Sud spécialisés en ingénierie cellulaire ainsi que des ingénieurs de l’Université Technologique de Compiègne (UTC) et de l’Ecole Nationale Supérieure de Cachan (ENS Cachan).

Par la suite, des chercheurs du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) spécialisés dans le micropatterning et le bioprinting ainsi que des entreprises engagées dans la médecine régénérative ont rejoint le noyau initial. Un premier laboratoire de bio-printing ouvrira ses portes dans l’enceinte de l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif) à l’automne 2015. Afin d’éviter une dispersion des énergies, l’activité initiale portera sur un petit nombre de tissus et d’organes : peau, trachée, œsophage et foie.

 

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CellSpace : une plateforme d’expertises

L’objectif principal de CellSpace est de construire un laboratoire dédié à la construction de tissus et d’organes, réunissant toutes les technologies, ouvert aux équipes académiques et industrielles. Le bâtiment sera construit sur un terrain mis à disposition par l’Assistance Publique -Hôpitaux de Paris (AP-HP) sur le site de l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif. Ce bâtiment de 10 000m² abritera toutes les technologies utilisées pour la construction d’organes : culture cellulaires,  matrices, scaffolds, recellularisation, micropatterning et bioprinting, bioréacteurs, expérimentation animale, prototypage. L’estimation du coût de construction et d’équipement de ce bâtiment est d’environ 60M€. Ce bâtiment sera construit avec l’aide d’investissements privés et publics (CPER). Les différentes formules d’investissement sont actuellement en cours de discussion avec les partenaires intéressés.

La gestion du bâtiment de recherche dédié et des projets de recherche seront placés sous la gouvernance de CellSpace, de son Conseil d’Administration et de son Bureau Exécutif présidé par le professeur Dominique Franco. Les projets de recherche seront validés par le Conseil Scientifique présidé par Madame Cécile Legallais, chercheur à l’Université de Technologie de Compiègne (UTC). Un comité stratégique international examinera une fois par an les résultats scientifiques et économiques de CellSpace et donnera ses avis et conseils (Cf « Gouvernance »).

CellSpace est inséré dans le pôle de développement scientifique et économique de la Vallée Scientifique de la Bièvre et profitera des aménagements de Villejuif Bio Park et de Campus Grand Parc. Le développement de CellSpace et la construction du bâtiment dédié se feront en cohérence avec ces acteurs et avec les autres acteurs du développement économique du Val-de-Marne comme l’Agence de Développement et la Chambre du Commerce et de l’Industrie.

 

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CellSpace : un modèle économique novateur

Le modèle économique repose à terme sur la production et la vente de médicaments de thérapie innovante (MTI) issus de CellSpace mais également sur les brevets liés à cette production.

Bien qu’il soit encore difficile d’évaluer précisément le marché de ces MTI et la date de mise sur le marché, des estimations internationales évoquent un marché de 5 milliards d’euros par an. A terme, la capacité de construire des foies, des reins, des poumons pour la transplantation conduirait à un changement majeur de paradigme dans la transplantation d’organes et à un marché encore plus étendu. CellSpace assurera la production de ces tissus et organes jusqu’à l’étape de prototypage.

La production répondant aux normes GMP-Good Manufacturing Practices- de produits pour les essais cliniques et l’application humaine sera faite en dehors de CellSpace, soit dans des laboratoires publics comme l’unité de thérapie cellulaire de l’hôpital Saint-Louis (professeur Larghero) couplée à l’établissement pharmaceutique de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (une fédération entre ces différentes plateformes a été réalisée récemment au sein du projet iLite), soit par des industriels comme CellforCure qui sont déjà membre de CellSpace.

Avant la mise sur le marché de tissus et d’organes pour utilisation clinique, CellSpace produira des produits intermédiaires comme des organoïdes de foie ou de peau pour la toxicologie prédictive, des produits pour la recherche comme des matrices spécifiques, des scaffolds ou des cellules, ou encore des équipements comme des bioprinteurs, des bioréacteurs ou des logiciels de reconstruction 3D et de modélisation in vitro. La répartition des bénéfices au sein des acteurs de CellSpace se fera au prorata du degré d’implication dans les programmes spécifiques selon des accords établis a priori. Si le retour sur investissement pour les MTI est à long terme, pour les produits intermédiaires, il est à court/moyen terme.